Bukavu, Sud-Kivu : Dans un contexte sécuritaire et humanitaire qui continue d'exposer particulièrement les femmes et les filles aux Violences Basées sur le Genre (VBG), le Réseau d’Innovation Organisationnelle (RIO ASBL), à travers son Programme Service Civil pour la Paix (SCP), a organisé du 30 Octobre au 01 Novembre l'Édition 2026 de l’Académie des Femmes.
Cet atelier de trois jours réunira à Bukavu 45 acteurs communautaires majoritairement composé des femmes et jeunes filles, dont 24 issues directement des zones fortement touchées par les crises (territoires de Walungu, Kabare et Kalehe), aux côtés des leaders d'organisations féminines et relais communautaires de la ville de Bukavu.
Répondre à un double défi : Écoute bienveillante et protection des intervenantes En période de crise, la désorganisation des structures sociales et l'insécurité accentuent la vulnérabilité des populations.
Les actrices communautaires de première ligne sont régulièrement amenées à recevoir les confidences et révélations de survivantes de violences sexuelles, physiques, psychologiques ou économiques.
L’accueil de cette parole est une étape décisive : une écoute confidentielle, empathique et sans jugement est indispensable pour restaurer la dignité des survivantes et faciliter leur prise en charge sécurisée.
Cependant, l'exposition répétée aux récits de détresse expose également ces intervenantes à un risque élevé d'épuisement émotionnel, de fatigue compassionnelle et de traumatisme secondaire. L’Académie des Femmes 2026 s'attaque directement à cette double problématique.
Les axes forts du programme Développée selon une approche sensible aux traumatismes et axée sur le principe de « Ne Pas Nuire », la formation s'articulera autour de trois objectifs majeurs : 1.
Gestion sûre et éthique des révélations de VBG : Renforcement des compétences pratiques sur l'accueil des survivantes, le respect strict de la confidentialité, le consentement éclairé et l'orientation vers les services de prise en charge disponibles. 2.
Auto-soins et bien-être psychosocial (Self-care) : Transmission d'outils et de techniques de régulation émotionnelle pour lutter contre le stress chronique et prévenir l'épuisement professionnel ou communautaire. 3.
Planification d'actions et collaboration inter-territoires : Élaboration de plans individuels de bien-être et renforcement des réseaux de solidarité entre les femmes de Walungu, Kabare, Kalehe et Bukavu.
Une méthodologie participative axée sur le changement durable À travers des travaux de groupes, des simulations de cas, des cartographies de services et des exercices guidés d'ancrage, l'Académie offre un espace sécurisé d'apprentissage et de partage d'expériences.
Au-delà de la formation, l'initiative vise un impact pérenne : intégrer durablement, d'ici 3 à 6 mois, les réflexes d'accueil bienveillant, d'orientation sécurisée et de self-care dans les pratiques quotidiennes des organisations et relais communautaires du Sud-Kivu.
« Offrir une écoute de qualité aux survivantes nécessite non seulement du savoir-faire, mais aussi des intervenantes équilibrées et protégées du surmenage émotionnel. Préserver la santé psychosociale des femmes du terrain est la condition sine qua non de la durabilité de nos actions de protection.
» Le Réseau d’Innovation Organisationnelle (RIO ASBL) réaffirme son engagement aux côtés des femmes et des filles du Sud-Kivu pour la promotion de la paix, de la justice sociale et du relèvement communautaire.
Une clôture marquée par un engagement communautaire fort À l'issue de ces trois journées d'intenses réflexions, les participantes ont rédigé un message fort à l'attention des décideurs, des acteurs humanitaires et de la communauté de la province du Sud-Kivu.
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